• [Divin] Philip K. Dick, Minority report

    Sous ce titre, je m'imaginais que Minority report était un roman, surtout après avoir vu le film et la densité de l'intrigue ; étonnamment c'est en fait un recueil de 9 nouvelles très troublantes, voire badantes (du verbe "je bad trip").

    I Philip K. Dick

    Publié pour la première fois en 1952, PKD (1928-1982) s'oriente rapidement, après des débuts assez classiques, vers une science-fiction plus personnelle, où se déploient un questionnement permanent de la réalité et une réflexion radicale sur la folie. Explorateur inlassable de mondes schizophrènes, désorganisés et équivoques, PKD clame tout au long de ses œuvres que la réalité n'est qu'une illusion, figée par une perception humaine imparfaite.
    L'important investissement personnel qu'il plaça dans ses textes est à la mesure d'une existence instable, faite de divorces multiples, de tentatives de suicide ou de délires mystiques.

    Je vous conseille l'introduction de ce recueil par Malcolm Edwards, qui est mieux foutue et éclaire bien la série de nouvelles et la vie de PKD.


    II Minority report et autres récits

    Washington, 2054 John Anderton est membre de Précrime, une unité gouvernementale utilisant les dons de préscience de trois mutants, les précogs, pour arrêter les criminels avant leur passage à l'acte. Avant même qu'ils aient imaginé de passer à l'acte.
    Anderton a une confiance aveugle dans les prédictins des precogs. Mais quand, chasseur devenu gibier, il se retrouvera lui-même accusé du meurtre d'un homme qu'il n'a jamais rencontré, il lui faudra découvrir les véritables rouages de Précrime pour prouver son innocence.


    III Alors, alors, alors...

    a) Le style:

    Un des reproches que l'on peut faire à l'auteur, c'est que c'est écrit vite, trop vite. Parfois les phrases s'enchainent et l'on peine à démêler de qui parlait PKD, ou si l'on est toujours au même endroit ou pas. L'écriture en elle-même n'a rien d'extraordinaire, par rapport à Substance mort y'a un certain écart j'ai l'impression, par contre je dois avouer que la maitrise de la narration et l'art de trimballer le lecteur dans tous les sens, pour mieux le perdre en fausses conjonctures, sont des domaines dans lesquelles PKD excelle.

    b) Les histoires:

    Les plus prenantes et bouleversantes pour moi furent:
    _ Rapport minoritaire: Parce que je me rappelais du film et qu'en fait la nouvelle est encore plus tordue et vicieuse.
    _ Un jeu guerrier: la chute est absolument... J'en reste sans voix.
    _ La foi de nos pères: Parce que c'est le désespoir de vivre dans un système injuste, on y retrouve l’obsession de Dick sur le fait que la réalité ne serait qu'une illusion.
    _ La fourmi électrique: Elle est très onirique sur la fin cette nouvelle, tellement que ça me rappelle certains moments suspendus chez Murakami.
    _ Nouveau modèle: Toute la maitrise du suspens et de la manipulation de PKD se joue de notre pauvre petit cerveau, jusqu'à la fin où l'on a envie de hurler quelque chose comme : "NOOOON !!!"
    _ L’Imposteur : Là encore, cette chute...

    On retiendra que l'on s'attache très vite aux personnages et que les voir mourir ou souffrir de leur condition est une torture, que l'on a beau essayé de deviner la fin on tombe toujours à côté et que décidément PKD il est très fort.


    IV En conclusion

    Vous devriez vous jeter là dessus afin de modifier votre vision du futur et entrevoir des possibilités et dérives surprenantes.


    Tags Tags : , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :